La First World War Studies Bibliography et Zotero

Peut-être avez vous écouté comme moi le Téléphone Sonne de France Inter jeudi dernier 8 novembre; si ce n’est pas le cas, je vous le recommande. Son thème : « 100 ans après l’armistice, quelles conséquences de la Grande Guerre pour l’Europe ?« .

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Le Téléphone Sonne, 8 novembre 2018 : 100 ans après l’armistice, quelles conséquences de la Grande Guerre pour l’Europe ?

L’occasion pour moi de réaliser qu’une des intervenantes n’était autre que Franziska Heimburger (aka @FHeimburger), historienne maître de conférence en civilisation britannique à l’université Paris-Sorbonne, l’instigatrice d’un des groupes Zotero que je montre systématiquement en formation (quand j’ai le temps, c’est à dire rarement pour de l’initiation, même niveau Master) comme exemple de projet bibliographique collaboratif : First World War Studies Bibliography.

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Groupe Zotero First World War Studies Bibliography

Je me suis donc dépêché de relire avec grand plaisir le billet de Franziska sur le blog qu’elle tient à quatre mains avec Émilien Ruiz, La boîte à outils des historien·ne·s, avant ce 11 novembre (et même le 10, Campus du Libre oblige) : Bibliographie collaborative de la Grande Guerre avec Zotero.

Franziska, grande zoteroïste, gourou du CSL, y décrit l’origine et le déploiement d’un dispositif d’alimentation collaborative (ou dispositif collaboratif d’alimentation ?) d’une bibliographie en ligne débuté…en 2013, et toujours utilisé. 15801 items, 97 membres au 11 novembre 2018; la force du collaboratif et des outils ouverts.

Lisez le billet, très utile si d’aventure vous avez à convaincre (le faut-il encore ?) de l’utilité des groupes Zotero, et allez jeter un œil au site de l’ISF WWS (International Society for First World War Studies).

Voilà, c’était le petit billet #FirstWorldWar.

Crédit image à la une : [Soldats] de 1ère ligne [du 164 ème d’infanterie dans une tranchée, région de Verdun] : [photographie de presse] / [Agence Rol] Gallica.bnf.fr ark:/12148/btv1b6951876f

Campus du Libre, 1ère édition : avec du Zotero dedans !

Une joyeuse bande d’universitaires et affiliés motivés a eu l’idée de programmer Le Campus du Libre, un évènement autour des logiciels libres (Open Source) à Lyon.

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Campus du libre, 1ère édition

Le but premier et assumé est de montrer aux nouveaux entrants en L1 qui n’ont – peut être – connu que Windows ou Mac et des technologies propriétaires et fermées des alternatives libres, leurs usages et les communautés dynamiques qui y sont liées ( associations mais aussi entreprises via un forum entreprises, co-organisé avec le PLOSS-RA). Bien entendu, il y sera aussi question de communs. Les masterants et doctorants sont aussi les (très) bien venus !

L’objectif est de partager différents aspects du libre et des communs, allant par exemple du logiciel libre (Linux, Firefox, etc.) aux espaces communs gérés collaborativement (Wikipedia, OpenStreetMap)

Ça se passe au bâtiment Nautibus sur le campus de la Doua, ce samedi 10 novembre à partir de 10h.

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Campus du Libre, bâtiment Nautibus Campus de la Doua

J’y animerai un atelier sur Zotero et les outils libres de gestion de références bibliographiques (surtout Zotero à vrai dire; l’idée de départ était de m’adjoindre un ninja LaTeX, mais ce sera pour la prochaine fois).

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C’est une chance de pouvoir parler d’un logiciel de gestion de références bibliographiques (Chut ! Entre nous il paraît que c’est en fait un assistant personnel de recherche 😉 Un peu comme un Jarvis pour la recherche…?) à côté d’ateliers aux sujets aussi évocateurs que Wikipédia, Open Street Map ou encore Blender. Je remercie ici les organisateurs (retrouvez leur noms sur le site web.
L’idée de proposer un atelier Zotero m’a paru évidente : c’est un outil qui peut finalement être central dans la vie universitaire, de l’étudiant au chercheur, permettant de gérer bien plus que des références. Hors, dans un mouvement d’ouverture des sciences toujours plus présent (voir ici pour un beau discours, ici du tout chaud tout neuf, par exemple) il est plus que jamais essentiel de sensibiliser et former à des technologies ouvertes (libres, utilisant des standards ouverts et documentés notamment) dans le « workflow » de la recherche (d’ailleurs il y a même un Mooc pour ça en ce moment ;-)).
Je souligne désormais systématiquement dans mes formations (sans reprendre tous les arguments de la page Why Zotero dont je vous recommande la lecture (traduite par la team du blog Zotero francophone ici) ce point.

L’occasion aussi peut-être de motiver les troupes à participer à la communauté Zotero autour de la documentation utilisateur (wiki), des blogs (dont Zotero Francophone auquel je contribue modestement), des styles CSL et bien d’autres choses encore !

Si vous venez, vous pourrez également retrouver Anne-Gaëlle Gaudion (BiblioSmart, et team Doc@Lyon) pour une présentation des ressources libres pour les PirateBox.

Viendez !

Ouvrir ou fermer les flux, telle est la question…

J’en avais eu marre. Juste assez.

Et, après x années de partage de ma veille sur les réseaux, d’abord via les outils de social bookmarking (ici fût un temps, puis là) et de ma biblio (ici d’abord, et finalement là bien entendu) ou des deux (ça devenait compliqué mais c’était super chouette ici), j’avais fermé les flux.

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Et ouai, même que si.

 

Et, croyez moi, pour quelqu’un qui a formé aux flux rss, au partage de signets, durant l’explosion du « web 2.0 », ça faisait mal.

Moi, les flux, j’y crois à fond, depuis longtemps; on peut faire des choses vraiment sympa avec des flux d’ailleurs, pour peu qu’on y soit habitué, ou juste qu’on fasse des liens entre divers éléments (« qu’on soit un hub luttant contre les silos » serait une belle image aussi, mais de loin trop prétentieuse) :

Mais, que voulez-vous, il y a un moment, à force de n’avoir aucun retour tangible, sinon de la communauté et des réseaux, et de constater indice après indice qu’en même temps certains y étaient branchés en continu. Bref.

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Cela a été simple, et rapide :

  • sur Diigo.com qui me sert depuis avril 2009 de plateforme de centralisation de ma veille, j’ai annulé publication du flux RSS en désactivant « Enable RSS feed for both public and private items« ,
  • sur le bookmarklet Diigo toujours, l’option « privée » était la norme désormais pour chaque signets envoyé dans les nuages,
  • sur Zotero, réservoir de ma biblio (lue ou pas), j’ai passé ma bibliothèque en privée.

Bon, je suis revenu sur certains points, puis j’ai replongé #modeyoyo…

Oui, je sais, c’est mal. Ou alors plutôt « on s’en balance de tes états d’âmes ». Right.

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Le sad Keanu spéciale dédicace à @neuromancien

Le souci, c’est que quand on forme à l’identité numérique (depuis un certain temps), à la veille (notamment de futurs collègues conservateurs et bibliothécaires à qui l’on parle de méta-veille), des chercheurs aux identifiants pérennes et aux différentes options de gestion-valorisation et interconnexion de leur présence numérique, etc, cela pose quelques petits soucis (à minima : on passe pour un schizophrène; ceci dit c’est une façon de se couler dans la masse d’une certaine façon).

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Dilème du veiller-formateur : donner à voir ses flux, pour donner l’exemple…ou pas

Bien sûr, j’ai continué à diffuser (un peu) et à retwitter (beaucoup plus) sur Twitter, Pour le réseau, et pour les mèmes et les #hashtag. Mais bon, tout le monde vous dira que Twitter, ça n’est pas sérieux. Par contre le gros avantage des tweets, c’est le côté public (très visible plutôt; ça peut d’ailleurs aussi devenir un problème) et horodaté (oui, des bookmarks et des réf. zotero aussi; mais c’est beaucoup plus obscur, on peut moins facilement pointer directement via un permalien, les « intégrer », etc).

Et puis, zut, comme il faut aller de l’avant, que l’on y croit (si, si, finalement; ça paraît comme ça, mais j’y crois malgré des moments de découragement), que les parasites ne sont qu’anecdotiques pour un zébu broutant nonchalamment dans les pripris guyanais en regardant décoller les fusées (allégorie inside: je ne pense pas avoir de cornes, mais incarner de plus en plus le rôle d’un ruminant uniquement témoin des innovations lancées ici ou là, tout en haut vers l’infinie et au-delà), et qu’il faut surtout plus qu’avant tenter de démontrer par le faire plutôt que par le dire, qu’il est très pratique de proposer une URL vers un marqueur Zotero groupant des références de sa bibliothèque à la fin d’un diaporama en complément d’une mini-biblio, parce qu’on veut pouvoir faire la même chose pour des bookmarks, présenter un profil homogène via son Orcid (qui peut signaler différents comptes au-delà des publis), se simplifier la vie avec IFTTT, etc, que fermer est décidément totalement contre-nature pour un formateur et ampute une partie de ses pratiques voir de sa façon d’appréhender son « rôle » en tant que professionnel de l’IST, et bien…on ouvre.

Et finalement c’est compliqué de chercher à promouvoir une approche stratégique de la veille en BU, une certain forme d’organisation apprenante, avec des flux volontairement fermés.

J’ai donc ré-ouvert mes flux.

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Serez-vous des nôtres ? Pour une (re)lecture du Guerilla Open Access Manifesto d’Aaron Swartz

J’ai eu la possibilité de lire le Guerilla Open Access Manifesto (Manifeste pour une guérilla en faveur du libre accès) durant la dernière Nuit de la Lecture. Les BU de l’Université Lyon 2 accueillaient en effet des (épatants) étudiants de l’atelier de lecture à haute voix animé par Isabelle Paquet/Cie Chiloé ainsi qu’une auteure et un complice musicien pour une lecture musicale. Nous étions quelques collègues bibliothécaires à lire des textes.

Affiche Nuit de la lecture 10 janvier 2018 BU Chevreul

Pourquoi lire le Manifeste à une nuit de la lecture ?

D’abord parce que cela me semble depuis longtemps être un outil idéal pour engager le débat avec des étudiants niveau master ou des doctorants. Je n’avais pas encore eu l’occasion d’utiliser cette idée « pédagogique » en formation, aussi ai-je sauté sur l’occasion. La forme militante relativement décalée et « impactante » par rapport à nos contenus habituels (tout comme le DataGueule #63 « Privés de savoir ? » sur l’OpenAccess que nous présentons déjà régulièrement), le contenu bien entendu (qui frôle les théories du complot à un certain moment), l’interrogation finale sous la forme de défi, et enfin le personnage d’Aaron, tous ces éléments peuvent permettre d’aborder les grands items d’une formation autour de la publication scientifique : pourquoi l’avènement de l’open access, de l’open science, les questions éthiques qui s’imposent au monde académique, les problématiques du droit bien entendu, les résistances au mouvement, le lobbying, le coût de l’accès aux contenus scientifiques, etc. Une mine d’or pour formateur à l’#OA.

J’étais par ailleurs curieux de voir quel pouvait être l’accueil d’un tel texte chez des étudiants. Bon, je n’ai pas vraiment pu en discuter avec eux mais j’avais prévu un petit A4 recto-verso présentant l’ouvrage paru en 2017 aux éditions B42 donnant quelques informations accompagnées d’une mini-biblio (complément ici); et dix jours après j’ai distribué ce petit document réalisé pour la soirée cette fois-ci à des doctorants SHS plutôt intéressés en amont des formations « publication scientifique ».

Enfin, oui, dans le cadre de la polémique #SCEFP, il était très trèèès (très) tentant de lire un texte appelant à la désobéissance civile pour la libération du savoir (je regrette juste de ne pas avoir pris le temps de poster un #SCELFie).

Si vous ne l’avez pas encore fait, il faut voir le film sur l’histoire d’Aaron Swartz réalisé par Brian Knappenberger The Internet’s Own Boy (2014). Pour le formateur en compétences informationnelles que je suis (tente d’être en fait, épisodiquement) ayant connu l’avènement du web2.0, rien que les 16 premières minutes  donnent le vertige : à 9’35 on entend des créateurs du RSS parler de Aaron et ses contributions alors qu’il était tout juste ado; à 15’12 c’est Laurence Lessig, père des Creative Commons qui introduit la contribution – à l’âge de 15 ans – d’Aaron à la première version de la plateforme où il explique les trois étapes proposées à l’internaute pour choisir une licence CC…. Le garçon Aaron, puis le jeune homme, était précoce.

Ironie de l’histoire, en cette fin janvier 2018 la version sous-titrée et mise en ligne *dès juillet 2014* par Daniel Bourrion, que j’avais revisionnée juste avant cette nuit de la lecture, vient d’être bloquée pour des raisons de droits d’auteurs sur un morceau de la BO par Content ID. De quoi franchement pousser à l’émergence de solutions à la PeerTube promues par Framasoft notamment…

<update date=20180207> D. Bourrion a précisé l’affaire du blocage de la vidéo VOSTFR dans un billet sur son blog RJ45; le temps de la contestation du blocage, la vidéo est à nouveau visible sur la plate-forme youtube</update>

PeerTube – cc by-sa Framasoft – https://framatube.org

L’ensemble des écrits d’Aaron Swartz ont été rassemblés dans l’ouvrage The boy who could change the world: the writings of Aaron Swartz paru chez  The New Press en 2015. La traduction française est parue en 2017 aux Éditions B42. C’est la version de cette édition que j’ai lue. Elle diffère légèrement de ce que l’on peut lire en ligne, sur Framasoft par exemple, à commencer par le titre. C’est cependant la version de Framasoft que je copie-colle ci-dessous.

À mon sens, chaque Nuit de la Lecture en bibliothèque universitaire pourrait être l’occasion de lire, de relire, et de relire à nouveau, le manifeste. Surtout en bibliothèque universitaire.

Guerilla Open Access Manifesto

Aaron Swartz – juillet 2008 – Internet Archive
Traduction  : Gatitac, albahtaar, Wikinade, M0tty, aKa, Jean-Fred, Goofy, Léna, greygjhart + anonymous publiée originellement sur Framasoft.

L’information, c’est le pouvoir. Mais comme pour tout pouvoir, il y a ceux qui veulent le garder pour eux. Le patrimoine culturel et scientifique mondial, publié depuis plusieurs siècles dans les livres et les revues, est de plus en plus souvent numérisé puis verrouillé par une poignée d’entreprises privées. Vous voulez lire les articles présentant les plus célèbres résultats scientifiques  ? Il vous faudra payer de grosses sommes à des éditeurs comme Reed Elsevier.

Et il y a ceux qui luttent pour que cela change. Le mouvement pour le libre accès s’est vaillamment battu pour s’assurer que les scientifiques ne mettent pas toutes leurs publications sous copyright et s’assurer plutôt que leurs travaux seront publiés sur Internet sous des conditions qui en permettent l’accès à tous. Mais, même dans le scénario le plus optimiste, la politique de libre accès ne concerne que les publications futures. Tout ce qui a été fait jusqu’à présent est perdu.

C’est trop cher payé. Contraindre les universitaires à débourser de l’argent pour lire le travail de leurs collègues  ? Numériser des bibliothèques entières mais ne permettre qu’aux gens de chez Google de les lire  ? Fournir des articles scientifiques aux chercheurs des plus grandes universités des pays riches, mais pas aux enfants des pays du Sud  ? C’est scandaleux et inacceptable.

Nombreux sont ceux qui disent  : «  Je suis d’accord mais que peut-on y faire  ? Les entreprises possèdent les droits de reproduction de ces documents, elles gagnent énormément d’argent en faisant payer l’accès, et c’est parfaitement légal, il n’y a rien que l’on puisse faire pour les en empêcher.  » Mais si, on peut faire quelque chose, ce qu’on est déjà en train de faire  : riposter.

Vous qui avez accès à ces ressources, étudiants, bibliothécaires, scientifiques, on vous a donné un privilège. Vous pouvez vous nourrir au banquet de la connaissance pendant que le reste du monde en est exclu. Mais vous n’êtes pas obligés — moralement, vous n’en avez même pas le droit — de conserver ce privilège pour vous seuls. Il est de votre devoir de le partager avec le monde. Et c’est ce que vous avez fait  : en échangeant vos mots de passe avec vos collègues, en remplissant des formulaires de téléchargement pour vos amis.
Pendant ce temps, ceux qui ont été écartés de ce festin n’attendent pas sans rien faire. Vous vous êtes faufilés dans les brèches et avez escaladé les barrières, libérant l’information verrouillée par les éditeurs pour la partager avec vos amis.

Mais toutes ces actions se déroulent dans l’ombre, de façon souterraine. On les qualifie de «  vol  » ou bien de «  piratage  », comme si partager une abondance de connaissances était moralement équivalent à l’abordage d’un vaisseau et au meurtre de son équipage. Mais le partage n’est pas immoral, c’est un impératif moral. Seuls ceux qu’aveugle la cupidité refusent une copie à leurs amis.
Les grandes multinationales, bien sûr, sont aveuglées par la cupidité. Les lois qui les gouvernent l’exigent, leurs actionnaires se révolteraient à la moindre occasion. Et les politiciens qu’elles ont achetés les soutiennent en votant des lois qui leur donnent le pouvoir exclusif de décider qui est en droit de faire des copies.

La justice ne consiste pas à se soumettre à des lois injustes. Il est temps de sortir de l’ombre et, dans la grande tradition de la désobéissance civile, d’affirmer notre opposition à la confiscation criminelle de la culture publique.

Nous avons besoin de récolter l’information où qu’elle soit stockée, d’en faire des copies et de la partager avec le monde. Nous devons nous emparer du domaine public et l’ajouter aux archives. Nous devons acheter des bases de données secrètes et les mettre sur le Web. Nous devons télécharger des revues scientifiques et les poster sur des réseaux de partage de fichiers. Nous devons mener le combat de la guérilla pour le libre accès.

Lorsque nous serons assez nombreux de par le monde, nous n’enverrons pas seulement un puissant message d’opposition à la privatisation de la connaissance  : nous ferons en sorte que cette privatisation appartienne au passé. Serez-vous des nôtres  ?

Aaron Swartz

By Fred Benenson – User: Mecredis CC BY 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/2.0), via Wikimedia Commons

 

 

Happy birthday, Budapest Open Access Initiative

Il y a  15 ans jour pour jour, un groupe de rebelles d’une lointaine galaxie publiait la Budapest Open Access Initiative, le 14 février 2002 donc, ce qui constitua dès lors la déclaration sur l’accès ouvert aux publications scientifiques.

« […] The new technology is the internet. The public good they make possible is the world-wide electronic distribution of the peer-reviewed journal literature and completely free and unrestricted access to it by all scientists, scholars, teachers, students, and other curious minds. Removing access barriers to this literature will accelerate research, enrich education, share the learning of the rich with the poor and the poor with the rich, make this literature as useful as it can be, and lay the foundation for uniting humanity in a common intellectual conversation and quest for knowledge. […] »

Je finissais un apprentissage débuté à la direction de l’Information scientifique et technique du Cemagref (devenue depuis Irstea) entre Anthony et un DESS (une sorte de Master Pro de vieux en 1 an) où l’on faisait – quand j’y pense aujourd’hui ! – des trucs comme des ACP sur des corpus de centaines de références bibliographiques peu structurées après requêtes à 10 booléens avec Tétralogie sous OpenSuse. Le bon vieux temps.

Après une mission d’analyse des données d’usages des plateformes de l’époque proposées aux chercheurs de l’institut (haaa, la toute jeune ScienceDirect, etc; à l’époque il fallait faire ses graph soit même à partir de vastes tableaux de chiffres, et pas de Counter pour comparer les données entre éditeurs !), parallèlement à un dossier de veille pour un jeune doctorant portant sur l’usure des géotextiles (il me semble), j’avais imprimé puis lu tant bien que mal, puis avec ferveur, J.C. Guédon démontant les big deals, découvert éberlué l’évidence de la proposition subversive déjà ancienne d’un certain S. Harnad, et parcourais consciencieusement l’Open Access News de P. Suber arrivée dans mon Outlook tous les matins. Le DOI était naissant (mais certains pointaient déjà des images au sein des articles); le logiciel EPrints était le Graal et la killer app pour le workflow de préservation et diffusion des publications d’un organisme (O. Hologne, mon encadrante, était une grande fan de l’outil); mentionner la maîtrise de la base Dialog sur votre CV avait encore un sens pour quelqu’un d’autre que vous même et les termes Web of Science vous faisait passer pour le Spok du futur dans Star Treck de J.J. Abrams.

Je photocopiais à tour de bras des Archimag, mais un mouvement naissait devant mes yeux, mon clavier. LE mouvement en fait (non, sérieux, vous en connaissez un autre ?).

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Et bien, du haut de mon même-pas-diplôme, estimant qu’il était somme toute logique et éthique de m’inscrire résolument, en tant que presque-professionnel de l’info-doc-n’est-ce pas, dans cet « inévitabilité » qu’était l’open access pour l’accompagner de mon mieux comme d’autres (futurs) collègues (et, à postériori je m’en rends compte maintenant, n’imaginant pas que l’on puisse faire autrement), prenant acte que, comme tout chercheur pouvait déposer son texte en ligne façon Harnad, je devais moi-n’ayant-rien-à-déposer à minima déposer mon nom…et bien…de façon certes inattendue…j’ai signé. La BOAI. En 2002. Il y a 15 ans.

On est fou quand on est jeune ;-).

#happyBirthDayBOAI

P.S : si vous avez tenu jusque là et que les larmes tirées par cette prose ne vous brouillent pas trop la vue, sachez qu’il est toujours possible, depuis 15 ans, de signer la BOAI, en tant qu’institution ou individu lambda (jeune, ou moins jeune, fou ou se croyant sain d’esprit, documentaliste, bibliothécaire, enseignant, chercheur, enseignant-chercheur, doctorant, A, B ou C, fan du devoir de réserve ou citoyen activiste,  on s’en contre-fiche finalement)

Matinée Innovation pédagogique : retours sur l’active learning

J’ai pu assister le 13 octobre à un Jeudi du Livre particulièrement bienvenu (bravo aux collègues Médiat) sur l’innovation pédagogique en bibliothèques. Voici quelques notes et réflexions.

Active learning et bibliothèques

Suivant Magalie Legall via les réseaux depuis plusieurs années – d’abord par accointance spirituelle au sujet des usages des réseaux sociaux dans les BU, puis l’openscience, et enfin son parcours de formatrice explorant des techniques actives – il n’était pas question de rater l’occasion de la croiser IRL. Je n’ai pas été déçu par son intervention, concentré d’optimisme et d’énergie.

Car la forme, c’est important :

D’abord, appliquant les préceptes du storytelling à elle même, sa présentation a débuté comme il se doit par une réponse personnelle à une question légitime : « Pourquoi l’active learning ? ». Où il est question de parcours, d’expérience de formateur, de remise en cause, et finalement de sortie par le haut. Comment accrocher son public : parler de ses doutes, ses – nos – erreurs, etc. Ça détonne forcément, pensez-vous, des erreurs, des fails dans le monde infaillible des BU…! Le formateur se dévoile, ça titille, on accroche. Efficace.

Ensuite, un support très visuel, bien entendu, accompagnant le discours, évoquant plus que donnant à lire. Le sujet s’y prêtait, bien entendu; mais alors visuel à ce point…#mazette. Il est en ligne, jugez par vous même :

En pleine veine sketchnoting, concept récemment ADBUoubé, Magalie aura donc créé le (premier ?) scketchnotrama des bibfr. Ou sont-ce des sketchnotslides ? En tout cas, c’est beau, efficace, fun, mais ça prend du temps j’imagine. Moi, depuis avril 2016 et mon enthousiasme suite aux post de Magalie sur le sujet, j’avoue ne pas avoir beaucoup pratiqué malgré mon intérêt pour la chose…

Donc, pas besoin d’exposer mon petit point de vue…allez, si, après tout : en tant que formateur, le soin mis dans nos supports transmet un signal à ceux qui les subissent. Ce signal ne fait pas tout, mais il est, et est bien souvent essentiel. Négligeons nos supports, tartinons nos slides de textes mal fagotés malgré 8 ans de bouquins de slideology (pourtant, on aime les livres à ce qu’il paraît), utilisons le masque institutionnel sans discernement (alors que profs et chercheurs s’assoient dessus bien souvent), présentons un pauvre SmartArt™ ppt même pas beau, etc, et nous devrons compenser d’autant pour raccrocher l’attention et le crédit perdu dès les premières diapo auprès de nos étudiants/chercheurs/enseignants. Si l’on fait du présentiel à l’heure des mooc et des libguides, soignons-le. Amen.

Bon, sur ce, le contenu :

Oui donc. L’active learning, au fait (mais pas que)…J’ai procédé par mot-clés pour mettre de l’ordre dans mes notes ce qui est loin de transcrire la richesse de l’intervention.

Toute une série de techniques et de bonne pratiques à tester ont été évoquées, dont un bon nombre déjà présentes sur le blog Sac à mains et sac à dos.

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Du passage à l’acte :: #Ignition 1/2

“Et voilà” ?

Oui. Je sais. Cela fait presque dix ans que j’habite sans l’habiter le Web, cumulant ici des bookmarks en ligne, des références bibliographiques, ou là encore, quelques slides, etc. Et il y a eu les commentaires sur les biblioblogs des autres, aussi (désolé les amis). Les traces laissées, volontairement ou pas, dans des débats trop souvent non suivis comme il l’auraient mérités. Plus qu’habiter, je squatte en fait, et depuis pas mal de temps.

Galileo launch on Soyuz, 21 Oct 2011 - Credit: Thilo Kranz/DLR (CC-BY 3.0)
Galileo launch on Soyuz, 21 Oct 2011 – Credit: Thilo Kranz/DLR (CC-BY 3.0)

Puis, surtout, les fameux “réseaux sociaux”, ou média, ce Web dit social quoi, où les newsfeed et les notifications ne donnent aucune chance de se poser pour quelque peu argumenter – si tant est que j’en sois capable – apporter sa petite brique, plutôt pierre, sans doute grain de sable…; la plupart du temps atome de silice. Et ils ont pris une (trop) grande place ces réseaux, ayant été mes outils de travail durant plusieurs années CM (pas Cours Moyen, mais Community Management).

Twitter, oui;  mais pas que.

Tout de même. Son ton si particulier. Son rythme, ses flux brouillant les frontières entre veille et diffusion, entre Continuer à lire … « Du passage à l’acte :: #Ignition 1/2 »